Suis-je un Arnaud Beltrame en potentiel ?

25 mars 2018

Un instant, un instinct, une pensée, un choix, une respiration, un sacrifice. Carême allait vers sa fin, on avait l’impression de marcher à grand pas vers la célébration de la Passion, Mort et Résurrection de Jésus quand, de façon inattendue et tragique, ce mystère s’est fait présent au milieu de nous par anticipation.

Cette fois-ci le Christ s’est livré dans un de ses fils, un gendarme de 45 ans, qui avait déjà fait l’Irak et qui se préparait à son mariage religieux. Quels sentiments auraient poussés un homme à donner sa vie en échange pour une femme qu’il ne connaissait pas spécialement ? L’entrainement à la gendarmerie peut-il expliquer son acte héroïque ?

Et moi ? Moi, qui me réjouis d’être catholique pratiquant, qui porte partout une croix autour du cou, qui admire les témoignages des saints et des martyrs… aurais-je eu le même réflexe que ce gendarme ? Ai-je trouvé assez profondément le sens de la Vie au point de mépriser ma propre vie ? Instinctivement chercherais-je à sauvegarder ma vie, ou l’offrirais-je volontiers ?

A présent pas de réponse conclusive. Par contre, puis-je m’entrainer à donner ma vie, même si j’en n’ai qu’une ? Heureusement à cette question une réponse simple et précise est donnée : Oui, par des petites morts quotidiennes. Mourir pour moi-même lorsque la paresse ou même la fatigue rendent lourdes des petites tâches. Mourir pour moi-même en choisissant de servir d’abord l’autre et de lui donner le meilleur morceau de viande au cours du repas du soir. Mourir pour moi-même en accomplissant fidèlement mon devoir de baptisé de donner la place à Dieu les jours de précepte, lorsque cela me demande de sacrifier un repas en famille ou une sortie entre amis.

Il m’est difficile de croire qu’Arnaud Beltrame ne se soit pas « entrainé » tout au long de sa vie avant de faire son dernier acte héroïque, celui qui nous le rend exemple et lumière. Cet homme a tellement adhéré aux valeurs chrétiennes embrassées au cours de son baptême, qu’il a été poussé à un acte surnaturel, spirituel, eschatologique.

Moi, je continue, en cherchant le chemin des vertus comme cet entrainement au sacrifice de moi-même pour qu’un jour je sois tellement imbibé de la présence de Dieu que tous mes instincts pointent vers l’Evangile. Finalement, Jésus Lui-même ne nous a-t-il pas montré le chemin ?

VS